Le sport et le monde de l'entreprise : La mobilisation du sport par l’entreprise (programme lancé en 2011)

Recherche menée sous la direction de Yan DALLA PRIA, avec Nathalie LEROUX (MCF, université Université Paris Nanterre, CeRSM) donnant lieu à des collaborations avec le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et l’équipe de recherche "Sport et sciences sociales" (E3S – ÉA 1342) de l’université de Strasbourg.

Depuis les années 1980, le sport est mobilisé par un nombre croissant d’entreprises publiques et privées au travers de pratiques diverses et inégalement médiatisées : sponsoring sportif, stages outdoor, séminaires internes, usage de la métaphore sportive dans le discours managérial, recrutement de sportifs de haut niveau, valorisation de la pratique sportive dans les recrutements, mise à disposition de salles de sport… Ce recours croissant au sport est généralement justifié par ses vertus bienfaisantes (santé, bien être au travail…) ainsi que par les valeurs dont il serait porteur. Toutefois, au-delà de ces arguments idéologiquement neutres, quel sens donner à ce rapprochement entre la sphère professionnelle, dédiée au travail, et les activités sportives, qui semblent relever avant tout du loisir ? Par extension, quelle articulation concrète existe-t-il entre l’offre sportive in situ et les problématiques managériales des entreprises la déployant ?
Entre autres approches théoriques mobilisées, les travaux de la nouvelle sociologie économique américaine (Granovetter, 1985 ; Burt, 1992) ont permis d’éclairer l’influence des communautés sportives en entreprise sur la circulation de l’information en son sein (résorption des trous structuraux notamment). En outre, il ressort que le sport en entreprise contribue à estomper la réalité contractuelle du lien qui unit le salarié à son entreprise (fondé sur la rationalité et le calcul) pour développer les liens communautaires basés sur des regroupements affinitaires (émotion, convivialité, partage, etc.), susceptibles de redonner du sens au travail et de régénérer ainsi l’investissement des salariés.
A ce jour, une cinquantaine d’entretiens ont été réalisés dans une dizaine d’organisations. Ce matériau empirique a permis de dresser une première typologie des pratiques sportives en entreprise afin d’éclairer le lien existant entre le choix d’une pratique particulière d’une part et le cœur de métier, le moment du cycle de vie ou la structure des effectifs salariaux des organisations concernées d’autre part. Ces premiers résultats seront approfondis au cours des mois à venir.

Mis à jour le 17 février 2015