Dispositifs antidopage (Groupe « Sciences Sociales & Dopage », Dir. : Patrick Trabal)

Saisir le dopage


La prévention du dopage
Une commande de l'UNESCO pour analyser les politiques publiques sur la prévention du dopage. Ce premier travail devrait déboucher sur une étude comparative des politiques dans plusieurs pays
Les dispositifs antidopage à l'épreuve de la critique (projet financé par la MILDT et l'INSERM)

Les dispositifs antidopage, qu’ils émanent de l’Etat ou des institutions sportives, sont largement critiqués. On souligne des dysfonctionnements chroniques, des manques de moyens et leur décalage par rapport aux pratiques déviantes. Parfois, on dénonce l’inertie des décideurs, inertie révélatrice aux yeux de certains, d’enjeux économiques et politiques trop importants. Aussi souhaitions-nous travailler sur l’évaluation de ces dispositifs antidopage, non pas de façon normative, mais en recensant les jugements que les différents acteurs étaient amenés à exprimer dans diverses situations.

La sociologie pragmatique que nous proposons de mobiliser invite à "suivre les acteurs" et à lier leurs jugements, leurs récits, leurs argumentations et leurs critiques au système de contraintes dans lequel ils s’expriment. C’est la raison pour laquelle nous avions souhaité mettre en oeuvre trois types d’enquête.

Le premier niveau d’investigation reconstituait, par l’accumulation d’archives numérisées et la mise en oeuvre de techniques d’analyse adaptées, l’histoire des acteurs, des arguments et des dispositifs qui ont marqué le terrain des dispositifs antidopage et de l’action publique menée en France depuis 1960.

La deuxième ligne d’enquête consistait à collecter de multiples récits et des observations de situations liées au travail des personnes chargées de lutter sur le terrain contre le dopage. Il s’agissait de construire un espace d’expression pour les multiples formes d’élaboration narrative ou argumentative, en rassemblant des récits spontanés d’expériences. Il s’agissait ici d’une approche plus "ethnométhodologique" en suivant les acteurs impliqués dans la prévention ou dans les contrôles antidopage.

Enfin, on constituait une base d’entretiens approfondis, en interrogeant des personnes, des porte-parole, des experts et des décideurs publics, en leur laissant développer leurs espaces de raisonnement.

Pour traiter le corpus composé de l’ensemble de ces textes (presse, entretiens, rapports d’expertise...), nous avons utilisé le logiciel Prospéro. Issu des apports de champs théoriques multiples (linguistique et philosophie du langage, intelligence artificielle, analyse des réseaux et sociologie cognitive), il devait nous permettre d’appliquer le même cadre d’analyse aux trois séries recueillies et donc de repérer les fondements des difficultés de la lutte antidopage, les tensions entre les acteurs et les écarts entre les expériences pratiques et les discours publics.


Un rapport :
Publication:
  • TRABAL P., 2009, « Agir contre le dopage. Critiques et ajustements de la lutte antidopage », in F. Cantelli, M. Roca i Escoda, J. Stavo-Debauge et L. Pattaroni (eds), Sensibilités pragmatiques - enquêter sur l'action publique, Bruxelles : Peter Lang., pp. 145 - 161. (Preprint en ligne)

Les outils de prévention

En 2008, le Ministère chargé des sports a contacté notre équipe pour piloter une recherche sur les outils de prévention des conduites dopantes. Nous avons construit une méthodologie de recueil des outils utilisés et organisé les expertises de ces outils.

Rapports
Nous ne pouvons publier qu'une partie du rapport produit :
Le Ministère a préféré utiliser une partie de notre enquête seulement et  publier des résumés un guide.

Publication :
  • LE NOE O., TRABAL, 2009, « La construction d'une expertise : le cas de la prévention du dopage », Sciences de la société, n°77, pp. 137 - 153 (Résumé en ligne)

L'Agence Mondiale Antidopage


Nous avons pris à plusieurs reprises le fonctionnement de l'Agence Mondiale Antidopage comme objet d'étude.

Quelques publications :
  • DEMESLAY J., TRABAL P., 2013, La politique de l'Agence Mondiale Antidopage : des arguments controversés, International Review on Sport & Violence, n°7, pp. 21-32 (Texte en ligne)
  • DEMESLAY J., BUISINE S., 2012, Lorsqu’un cas de narcolepsie met à l’épreuve la lutte antidopage - Le temps de la dispute comme élément reconfigurateur des jeux d’arguments, Temporalités, juin 2012, n°15. (Texte en ligne)
  • DEMESLAY J., 2011,Organiser la lutte antidopage à l’échelle internationale : une sociologie pragmatique d’un processus d’harmonisation, Thèse NR soutenue sous la direction de Patrick Trabal, Univ. Université Paris Nanterre. (Résumé en ligne)
  • DEMESLAY J., TRABAL P., 2007, « De quelques contraintes du processus d'harmonisation des politiques antidopage », Terrains et Travaux, n°12, pp. 138-162 (Texte en ligne)

Sociologie d'une connaissance du dopage

Projet TRASCINTER (Le travail scientifique Interdisciplinaire) - Projet financé par l'ANR (ANR Blanche, 2008).

Notre travail consiste à questionner la réalité du travail interdisciplinaire. Plus précisément, nous cherchons à décrire les activités des chercheurs issus des différentes disciplines, s’opposent en se repliant sur leurs positions, défendent leurs spécificités et territoires, s’efforcent de dialoguer, parviennent (ou non) à produire des nouvelles connaissances, dans des institutions labellisées « interdisciplinaires »…

Pour répondre à cette exigence de saisir les modalités du travail interdisciplinaire, nous avons construit un espace de variation avec une relative unité garantissant la co-existence de plusieurs disciplines souhaitant dialoguer. Nous avons choisi de porter l’analyse sur un objet qui convoque une pluralité de disciplines : les sciences du sport. Le sport, unanimement qualifié d’objet pluridisciplinaire, présente l’avantage de figurer comme un enjeu théorique et empirique pour les sciences dites « dures » (comprenant la valence « technique » induite par les « sciences de l’ingénieur » mais aussi des liens avec des questions de santé) et pour les sciences humaines et sociales.

Pour mener à bien ce projet, nous sommes partis des travaux menés par les trois laboratoires associés et de créer des outils informatiques collaboratifs visant à comparer nos données et nos analyses, d’enrichir collectivement le matériau empirique nécessaire et de construire l’espace de raisonnement nécessaire pour la production de nouvelles connaissances sur cet objet. Ainsi, la proposition vise simultanément deux objectifs : saisir les tensions et les processus qui sont liés à l’engagement de plusieurs disciplines convoquées sur des objets appartenant à un même domaine (le sport) ; se doter d’outils permettant un travail collaboratif entre différentes équipes. Nous souhaitons, ainsi, participer au renouveau du développement d’outils pour les sciences humaines et sociales, partager des métrologies qui permettent de réaliser des expériences sur des corpus de textes et d’assurer ainsi une traçabilité du raisonnement (Chateauraynaud, 2003).

Notre projet a permis de se doter d’outils collaboratifs dépasse la volonté de créer un « espace virtuel de travail » où l’on s’échangerait des documents. Il s’agit de construire les dispositifs visant non seulement à partager des fichiers mais à permettre de raisonner collectivement. Pour ce faire, nous tenons à tirer parti des avancées récentes en socio-informatique qui portent sur le développement d’un investigateur sociologique.

Les chercheurs mobilisés sur ce projet disposent de deux ressources majeures : d’une part, ils possèdent des corpus sur des « dossiers sportifs » constituant un espace de variation pertinent pour l’approche de ces questions liées à l’interdisciplinarité. D’autre part, ils possèdent des outils communs. Fort de ces deux atouts, il convient à la fois de consolider les corpus afin de rendre visibles les propriétés interdisciplinaires et de faire évoluer ces instruments vers une meilleure collaboration afin d’envisager des modèles permettant de saisir notre objet.

Le dopage figure parmi ces objets d'étude.

Publications :

Mis à jour le 15 octobre 2014