Des pratiques sportives sous tension

Mixed Martial Arts


Recherche exploratoire (menée par Yan Dalla Pria)
Ce projet de recherche, en phase exploratoire, consiste à ce stade à collecter des données empiriques relatives aux modalités et conditions de développement d’une pratique sportive émergente, le MMA (free fight / combat libre), caractérisée simultanément par une limitation drastique des règles et un fort degré de violence. Ces données permettront à terme de retracer l’histoire controversée du free fight depuis ses origines jusqu’à sa version actuelle (nommée MMA ou Mixed Martial Arts).
Ce projet conduira en particulier à analyser le rapport dialectique règles / violence dans les activités sportives (Elias, Dunning, 1994 [1986]). Nous proposons en outre d’analyser l’émergence de cette pratique comme présentant une possible homologie (Panofsky, 1967) entre la trajectoire d’évolution du free fight et celle de la mondialisation libérale.
Durant la phase d’exploitation des données, ces travaux auront vocation à donner lieu à des collaborations avec d’autres équipes privilégiant des approches différentes et complémentaires du MMA ou d’autres pratiques sportives émergentes.

La reconversion des artistes de cirque et des danseurs


Les métiers du spectacle vivant et plus particulièrement d’artistes interprètes sont régulièrement présentés comme des métiers où l’on entre par « vocation » et par « passion », mais où il est particulièrement difficile de perdurer. Cette situation se trouve exacerbée dans le cas des artistes chorégraphiques et des artistes de cirque : située au croisement des mondes de l’art et du sport, leur activité exige un engagement « corps et âme » qui les expose à des risques spécifiques, si bien qu’à l’instar des sportifs de haut niveau, ceux-ci sont souvent amenés à envisager une reconversion plus ou moins précoce. Or, le passage à l’après scène n’est pas une étape allant de soi. Les reconversions posent de nombreuses questions aux artistes, depuis le nécessaire « deuil » de la vocation, jusqu’aux difficiles conditions d’accès à de nouvelles formations permettant de retourner vers l’emploi, en passant par les modalités de financement de cette phase de transition. Afin d’apporter un éclairage nouveau sur cette thématique, cette recherche propose de mener une analyse comparée entre artistes chorégraphiques, qui bénéficient déjà de dispositifs d’aide à la « reconversion » (CND, AFDAS…), et artistes de cirque formés en écoles professionnelles, dont les premières générations arrivent actuellement en fin de carrière.

Sur le plan conceptuel, l’objet de cette recherche est d’articuler les apports d’une sociologie de l’action publique et d’une sociologie des parcours professionnels. Il s’agira d’observer d’une part, les répertoires d’action, les modes de fonctionnement et de coordination des acteurs publics et privés impliqués dans les dispositifs d’aide existants, mais aussi leurs effets. Sur ce plan, l’enjeu sera d’analyser dans quelle mesure les dispositifs étudiés se distinguent de ceux touchant la majorité des individus inscrits dans un processus de « retour vers l’emploi ». D’autre part, on étudiera la différenciation sociale des mécanismes de « reconversion » tels qu’ils sont à l’œuvre dans les deux secteurs. Il s’agira de saisir les rapports que les artistes nouent avec les dispositifs de soutiens et d’aide à la « reconversion », mais également la façon dont le réseau familial et relationnel est employé en tant que ressource. Cette recherche sera menée sur 3 ans dans le cadre du projet ANR « Sorties de scène. Dispositifs de soutiens et parcours sociaux des artistes chorégraphiques et artistes de cirque en transition professionnelle ». Ce programme coordonné par Samuel JULHE (LACES, Université Bordeaux Segalen) associe une dizaine de chercheurs en sciences sociales de six universités.

 

Mis à jour le 12 octobre 2014